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Audition, lien social et bien-vieillir : un sujet encore trop souvent sous-estimé

On pense souvent à la vue, à la mobilité ou à la mémoire lorsqu’on parle de bien-vieillir. Mais l’audition joue, elle aussi, un rôle essentiel dans notre quotidien.

Bien entendre, c’est pouvoir discuter avec ses proches, suivre une conversation, participer à un repas de famille, échanger avec ses petits-enfants ou simplement rester actif dans sa vie sociale.

Pourtant, la baisse de l’audition s’installe souvent progressivement, parfois sans que l’on s’en rende vraiment compte. On s’adapte, on fait répéter un peu plus souvent, on monte le son de la télévision… et l’on remet parfois à plus tard le moment de faire le point.

À l’occasion d’un échange avec Emma, chargée de partenariat chez Audika, partenaire d’EKOYA, nous avons voulu mieux comprendre les premiers signes d’une baisse auditive, son impact sur le lien social et surtout les solutions pour agir simplement, sans dramatiser.

L’audition au quotidien : des signes parfois discrets 👂

Avec l’âge, les cellules sensorielles de l’oreille interne s’usent progressivement. Ce phénomène naturel, appelé presbyacousie, touche généralement les deux oreilles.

Cette évolution peut être lente : on s’habitue peu à peu à entendre différemment et l’on ne réalise pas toujours qu’une gêne s’installe.

Quelques signes peuvent néanmoins mettre la puce à l’oreille :

  • avoir plus de mal à suivre une conversation dans un environnement bruyant ;
  • trouver que les autres articulent moins bien ;
  • augmenter le volume de la télévision ou du téléphone ;
  • faire répéter plus souvent ;
  • ressentir davantage de fatigue après une discussion en groupe.

Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, le problème n’est pas toujours d’entendre moins fort. On peut entendre une personne parler, mais avoir davantage de mal à comprendre ses mots, notamment lorsqu’il y a du bruit autour.

C’est aussi pour cette raison que les proches remarquent parfois les premiers changements.

Audition et lien social : quand les échanges deviennent plus fatigants 🧓👩

Un repas de famille, un restaurant, une sortie entre amis… Ces moments peuvent demander beaucoup plus de concentration lorsque l’on entend moins bien.

Il faut parfois deviner certains mots, observer les réactions ou reconstituer mentalement une phrase.

Emma nous a notamment parlé du « passing auditif » : une stratégie qui consiste à faire comme si l’on avait compris. On sourit, on acquiesce, on suit la réaction des autres… sans avoir forcément saisi toute la conversation.

À la longue, cet effort peut devenir fatigant. Certaines personnes parlent alors moins, restent davantage en retrait ou évitent les environnements trop bruyants.

Lors d’un repas de famille, par exemple, on peut commencer par demander de répéter, puis moins participer à la conversation, simplement parce que suivre les échanges demande trop d’énergie.

Ce retrait n’est pas volontaire. Pourtant, il peut peu à peu peser sur la vie sociale.

Préserver son audition, c’est donc aussi préserver le plaisir d’échanger et de profiter pleinement des moments avec ses proches.

Pourquoi est-ce encore un sujet délicat ? 🦻

La baisse auditive reste encore souvent associée au vieillissement. Certaines personnes hésitent ainsi à reconnaître une difficulté par peur du regard des autres, par gêne ou parce qu’elles craignent de paraître moins autonomes.

Plusieurs idées reçues ont aussi la vie dure :

« Je suis trop jeune pour avoir un problème d’audition. »
« Les appareils auditifs se voient beaucoup. »
« J’entends encore bien, je verrai plus tard. »
« Si je porte un appareil, cela veut dire que je suis vieux. »

Pourtant, les aides auditives ont beaucoup évolué. Elles sont aujourd’hui plus discrètes, confortables et performantes. Certains modèles sont presque invisibles, rechargeables ou connectés à un smartphone ou à la télévision.

Le dispositif 100 % Santé a également contribué à rendre certaines solutions plus accessibles.

Et surtout, faire contrôler son audition ne signifie pas devoir être appareillé. Le bilan sert avant tout à savoir où l’on en est et à obtenir des conseils adaptés.

Agir simplement, sans dramatiser 🤝

Alors, à quel moment faut-il faire contrôler son audition ?

Emma recommande d’être particulièrement attentif à partir de 55 ans, mais surtout de ne pas attendre lorsqu’une gêne apparaît ou lorsque l’entourage fait régulièrement des remarques.

Même lorsque tout semble aller correctement, un premier contrôle peut être utile pour disposer d’un point de référence et suivre l’évolution de son audition au fil du temps.

Chez Audika, le bilan dure environ 30 minutes et comprend généralement :

  • un échange sur les habitudes de vie ;
  • un examen de l’oreille ;
  • plusieurs tests auditifs et, si nécessaire, des tests de compréhension ;
  • une restitution des résultats.

Selon les résultats, tout peut être parfaitement normal, un simple suivi peut être recommandé ou une correction auditive peut être envisagée si elle apporte un réel bénéfice.

Lorsqu’une aide auditive est nécessaire, il faut parfois un peu de temps pour s’y habituer. Le cerveau doit retrouver progressivement des sons qu’il percevait moins bien.

C’est pourquoi l’accompagnement de l’audioprothésiste est important : les réglages, le suivi et l’écoute des besoins de chacun font partie intégrante de la prise en charge.

Le rôle des proches : en parler avec bienveillance 💬

Les proches sont souvent les premiers à remarquer qu’une personne entend moins bien. Mais il n’est pas toujours facile d’aborder le sujet.

Mieux vaut éviter les reproches ou les petites phrases répétées comme :

« Tu n’entends jamais rien ! »
ou
« Tu deviens sourd ! »

Même dites sur le ton de l’humour, elles peuvent blesser ou pousser la personne à se refermer.

Emma conseille plutôt de partir d’une situation concrète :

« J’ai l’impression que tu fais beaucoup d’efforts pour suivre les conversations. »
« Peut-être qu’un bilan pourrait te rassurer. »
« Ce serait intéressant de faire un point, comme on le fait pour la vue. »

L’essentiel est de comprendre ce qui freine la personne : peur de vieillir, appréhension de l’appareil, inquiétude concernant le coût ou simplement peur du résultat.

Et si le sujet reste difficile à aborder, un professionnel de l’audition peut aussi aider à trouver la bonne approche.

L’objectif : ouvrir la discussion, sans brusquer.

Conseils : quelques réflexes pour prendre soin de son audition 🧡

Prendre soin de son audition passe avant tout par quelques gestes simples.

  • faire contrôler régulièrement son audition ;
  • éviter les expositions prolongées à des sons très forts ;
  • utiliser des protections auditives lorsque cela est nécessaire ;
  • s’accorder quelques pauses au calme après une exposition importante au bruit ;
  • consulter lorsqu’une gêne apparaît.

Et surtout, continuer à entretenir une vie sociale active.

Discuter, sortir, voir ses proches et participer à des activités permettent de continuer à stimuler l’écoute et la communication.

Pour Emma, le conseil à retenir est simple : ne pas attendre d’être réellement gêné pour faire le point.

Tester son audition est un geste de prévention, au même titre qu’un contrôle de la vue ou qu’un bilan de santé. Même sans difficulté particulière, un premier contrôle permet de disposer d’un repère pour les années à venir.

Car prendre soin de son audition, ce n’est pas seulement mieux entendre.

C’est aussi préserver son autonomie, sa vie sociale et tous ces petits moments d’échange qui participent au bien-vieillir.

Et si vous n’avez jamais fait contrôler votre audition, c’est peut-être tout simplement le bon moment pour commencer.

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